Nous voila de retour près de chez nous et la flemme nous gagne... Nous vous laissons découvrir les photos, avec des légendes cette fois-ci.
lundi 14 novembre 2011
Deutschland – Allemagne
Fuyant le vent et les nuages déversant leur pluie sur la côte de la mer du nord, nous faisons cap à l’est. Choix récompensé par deux jours de vent dans le dos et seulement quelques averses. La campagne allemande est pleine de panneaux solaires. Nous voyons même un bâtiment agricole recouvert de panneaux photovoltaïques sur les trois faces Est, Sud et Ouest. Bien plus au nord que la France, ici, il n’y a pas de mauvaise excuse pour passer à l’énergie verte. Les éoliennes dominent les champs comme au Danemark avec nos suppositoires préférés : les Enercon ;-).
Nous voyons aussi, au bonheur de Claire, des méthaniseurs, deux cuves recouvertes d’une membrane et un container avec le moteur. Seul hic : ils biogazent du maïs ensilé. Ce que l’on appelle de la culture énergétique : je suis au taquet sur le sujet maintenant ! C’est aussi la période de l’épandage, le temps est assez sec pour les agriculteurs et les cuves doivent être vidées avant l’hiver. C’est beaucoup moins fun pour nos narines surtout quand une tonne à lisier décide d’envoyer la purée à 10m de notre pique-nique !
Nous voyons aussi, au bonheur de Claire, des méthaniseurs, deux cuves recouvertes d’une membrane et un container avec le moteur. Seul hic : ils biogazent du maïs ensilé. Ce que l’on appelle de la culture énergétique : je suis au taquet sur le sujet maintenant ! C’est aussi la période de l’épandage, le temps est assez sec pour les agriculteurs et les cuves doivent être vidées avant l’hiver. C’est beaucoup moins fun pour nos narines surtout quand une tonne à lisier décide d’envoyer la purée à 10m de notre pique-nique !
Ainsi nous arrivons à Falkenstein… rien de grave c’est juste le nom d’un camping à Kiel. Nous n’avons pas eu assez de la mer Baltique : nous en demandons un supplément, fort agréable car nous sommes très bien accueillis : nous avons une caravane pour le prix d’un emplacement de tente ! Tout près du centre olympique des épreuves de voile des JO de Munich 1972, troisième port olympique du voyage, nous mangeons notre première wurtz face au port et prenons l’air frais en regardant un entrainement de 49er (fourty-niner, dériveur de sport). Nous rêvons d’une embarcation mais la seule dans nos prix est un optimiste pliant pouvant uniquement servir d’annexe !
Nous voilà après deux jours de repos en forme olympique pour reprendre la route jusqu’à la gare de Kiel ! En voiture, direction Hamburg. Une collocation de Warmshowers : Jule, Holger et Flo nous accueillent. Nous allons regarder la finale de la coupe du monde de rugby dans un pub Irlandais, pas si simple à trouver ! Puis nous visitons la ville, enfin le port, sous un ciel bleu et un soleil d’hiver qui réchauffe. Le port est la fierté des hamburgers. Il y a même le Rainbow Warrior le 3eme du nom flambant neuf pour une porte ouverte tout le WE.
Apres la balade de santé du dimanche, nous traversons dans la brume la partie industrielle de ce fameux port. Interminables 20km de zigzag entre les ponts, les darses, les voies ferrées et les ribambelles de camions jusqu’à sortir de la ville direction Stade. Jolie petite ville touristique sans hôtel mais seulement une auberge de jeunesse pleine de vieux et très onéreuse. L’hôtel le plus cher du voyage, pour en plus dormir en lits superposés ! SUPA…
Nous longeons l’Elbe et les premières digues protégeant les terres se trouvant sous le niveau de la mer. Les moutons tondent l’herbe de ces ouvrages parfois en chantier de surélévation. Ces terres sont directement concernées par la montée du niveau de la mer. Nous retrouvons les darons Langry au bord de la mer du Nord à Burhave pour un WE. Nous louons une petite maison de vacances et faisons péter le resto ! Du bon temps sans vélo, ça nous change. Nous visitons Bremerhaven, ville portuaire ressemblant un peu à St Nazaire avec un nouveau centre commercial à l’architecture tape à l’œil. Nous trichons encore une fois et mettons le tandem sur l’auto pour passer la frontière hollandaise. Tchuss la Germanie.
dimanche 30 octobre 2011
Danmark – Danemark
Les plus chargés ont des Long John, très long 2 roues avec une caisse centrale, ou des Cargo : 3 roues dont 2 à l’avant. Conduire un vélo utilitaire c’est comme essayé un vélo couché : au début il faut réapprendre, surtout après 2 ou 3 bières ! Un match de bière, euh pardon, de foot qualificatif pour l’Euro ça se fête ! Andreas notre hôte est mécanicien dans un magasin de cycles. Il collectionne les bêtes à pédale. Peu sont comme lui en réalité : les danois viennent chez le réparateur pour des crevaisons. C’est 50% de son travail…
jeudi 13 octobre 2011
Sverige : Suède
Les suédois comme les finlandais et les estoniens jouissent du libre accès à la nature. C’est à dire que chacun a le droit de profiter de la nature et de ses fruits : c’est l’allemansrätt. Un suédois nous avoue qu’il n’a jamais payé pour camper en Suède. Cette liberté, nous l’avons perdu il y a quelques mois et la seule expérience du type s’est soldée par une nuit blanche et angoissante. Donc même ici, au pays de Primus (marque de notre réchaud) nous allons au camping, dormons rassurés et repartons propres !
Nous traversons une campagne assez guindée où les chevaux de courses ont une petite laine sur le dos, les taureaux font les beaux et nous craquons presque pour un chaton. Il s’en est fallu de peu, la pauvre bête...
Une bonne côte de porc au barbeuk après ça et on est au top.
La ville de Malmö est juste en face de la capitale danoise : København. Nous allons prendre le pont Øresundsbron au dessus du détoit de Sund ,un lieu de trafic maritime important seul accès aux mers du monde depuis la Baltique. Le pont est routier et ferroviaire, il est long de presque 8km (2 fois celui de St-Nazaire). Il y a une autoroute 2x2 voies sur le tablier supérieur et une double voie ferrée rapide à 200km/h sur le tablier inférieur. Le pont relie la Suède à une île artificielle puis se poursuit en tunnel pour passer sous la trajectoire des avions de l’aéroport de Copenhague. Le train n’est pas très cher comparé au péage voiture. De nombreux danois habitent désormais en Suède où l’immobilier est moins cher et continuent de travailler au Danemark. En tout cas c’est le train le plus fastoche que nous avons pris durant ce voyage : ascenseur maxi taille à Malmö, pas de marche à l'accès au train, monstre place pour manoeuvrer aàl’intérieur, ascenseur à Copenhague. Tout ça, gratuit et sans bakchich !
mercredi 12 octobre 2011
Préparez le café, on arrive !
Le 5 octobre, nous avons pris le ferry pour Karlshamn en Suède. Nous avons roulé 4 jours dans le Sud pour rejoindre Malmö puis nous avons pris le pont en train pour Copenhague. Nous voilà au Danemark depuis hier après-midi. Nous ferons un petit récit de la Suède dans quelques jours.
Pour voir notre route jusqu'à aujourd'hui, c'est ici. Et pour connaître notre itinéraire retour, c'est là.
Pour la dinde aux marrons, c'est oui, il faut en garder un bout ! Nous serons rentrés pour Noël.
Notre retour en France est un peu plus précis. Nous prévoyons d'être à Dunkerque le we des 12 et 13 novembre puis de rejoindre tranquillement Paris. Un rdv est déjà fixé à Dunkerque, pour rouler ensemble vers Paris. Contactez-nous si vous êtes motivés pour ce trajet ou un autre. A très bientôt !
Pays baltes
Ces 3 pays, indépendants après la première guerre mondiale, se sont retrouvés englobées de force dans l'Union Soviétique à la sortie de la seconde guerre mondiale. Ils ont ensuite été russifiés : arrivée massive de populations russes (colonisation), nomination de russes à la tête des institutions, le russe et le cyrilique sont imposés, promotion de la culture russe, interdiction des symboles nationaux (drapeaux, hymnes). Une résistance a pris forme dont des maquis dans les forêts et de nombreux opposants ont été déportés au goulag.
45 ans d'Union Soviétique laisse des marques et l'adhésion à l'Europe en 2004 les a sûrement aidé à s'éloigner de la Russie. D'un relief très plat, ils sont tous trois trés boisés, les forêts recouvrent plus de 40% du sol. Ils ont gardé des espaces sauvages et la nature est bien préservée. Très souvent confondus, ces 3 pays sont pourtant bien disctincts, comme nous avons pu le découvrir. Petite astuce pour ne pas les mélanger, ils sont dans l'ordre alphabétique du Nord au Sud.
Eesti : Estonie
Le terme pays baltes, où sont parlées les langues baltes, s'est étendu à l'Estonie. En réalité, l'Estonie est culturellement plus proche de la Finlande que des pays baltes. Le finnois et l'estonien font parties du même groupe linguistique et sont bien distincts du lettonnien et du lituanien. Lorsqu'on passe de la Finlande à l'Estonie, on sent très peu de différences. A la chute de l'URSS, l'Estonie s'est rapprochée au mieux de la Finlande et pendant les 5 premières années d'indépendance, les anciens cadres du parti communiste n'ont pas eu le droit de participer au gouvernement, ce qui a été très profitable pour son dévéloppement.
Latvija : Lettonie
Le paysage est toujours très plat et forestier, avec une jolie cote, par contre les routes sont pourries et nous avons eu jusqu'à 40km de pistes en une journée. La pluie nous a laissé tranquille mais nous avons eu beaucoup de vent de face. Parfois, un petit remontant s'impose.
Lietuva : Lituanie
Juste après la frontière, le 2 octobre, nous sommes allés à l'hotel profiter un peu du confort et fêter notre 7ème mois de voyage. Notre passage en Lituanie a été très court, 3 jours seulement. Une fois passée la frontiere Lituanienne, les routes s'améliorent, les pistes cyclables réapparaissent... Et pourtant, Darius, chez qui nous avons été logés à Klaipeda, pense que la situation économique de la Lituanie est encore moins bonne que la Lettonie. Une chose est sûre là où les lituaniens sont bons c'est au basket ! C'est le sport national et même les pubs dans les rues ont des paniers ou des ballons oranges.
A Klaipeda, nous avons été accueillis comme des rois chez Darius. Un soir par semaine, la communauté cyclo de la ville se retrouve dans son sauna. Et nous arrivons le bon soir ! Nous avons passé la soirée entre le sauna et le salon à discuter autour d'un thé. Nous avons découvert que Claude Marthaler, célèbre cyclo suisse, était venu chez lui quelques semaines avant nous. Nous roulons un peu dans sa roue et ca nous réchauffe le coeur. Un grand merci à Darius, Renata et Luka pour leur chalereux accueil.
mardi 27 septembre 2011
Suomi - Finlande
Depuis Viborg en Russie, nous avons pédalé jusqu’à Kuopio a travers forets et lacs. Forets et lacs, forets et lacs, forets et lacs... monotone parfois mais d'un calme et d'une sérénité réconfortants. Le relief nous a surpris, nous nous étions préparé avec joie a retrouver du plat, et non !?! de petites cotes rythment la route.
A Kuopio, nous avons retrouvé Janne, un copain d'Erasmus de Jean. Nous avons pu apprécier les joies du "summer cottage" de sa famille. Un endroit très mignon au milieu de la foret et au bord d'un lac ou ses parents ont construit des petites maisons en bois.
Au cottage, nous avons fait comme les finlandais, nous sommes allés cueillir des airelles et des myrtilles, nous avons fait un tour de barque puis un sauna. Nous avons suivi la coutume, faire des aller-retours entre le sauna et le lac pour se rafraichir, et c'est vraiment agréable. Nous n'avons pas du tout eu froid en sortant du lac et pourtant le soleil était voilé et la température proche de 14oC. En hiver, ils font un trou dans la glace... les fous !
Merci beaucoup a Janne, a sa famille et a Essi pour leur chaleureux accueil et leurs tartes aux myrtilles !
Nous avons pris le bateau pour Tallinn en Estonie et faisons route vers Klaipeda en Lithuanie. Voir la carte.
jeudi 15 septembre 2011
Россия : Russie
Moscou
L'arrivée a Moscou est un choc.
Plus de foulard ni de vetement de "camouflage" mais de longues jambes nues, de profonds décolletés et de tres hauts talons. On peut dire que les femmes russes osent les tenues excentriques. Dans les rues, on aperçoit beaucoup de belles femmes, grandes, élancées et énormément de grosses voitures, noires, aux vitres tintées. A chaque traversée de rue, nous sommes surpris des voitures arretées au feu : des gros 4x4 Porsche Cayenne, Land Rover, Lexus et d'autres sportives comme des Mercedes V12 ! On comprend vite l'intéret du 4x4 en ville quand on voit ou ils se garent...
Plus de foulard ni de vetement de "camouflage" mais de longues jambes nues, de profonds décolletés et de tres hauts talons. On peut dire que les femmes russes osent les tenues excentriques. Dans les rues, on aperçoit beaucoup de belles femmes, grandes, élancées et énormément de grosses voitures, noires, aux vitres tintées. A chaque traversée de rue, nous sommes surpris des voitures arretées au feu : des gros 4x4 Porsche Cayenne, Land Rover, Lexus et d'autres sportives comme des Mercedes V12 ! On comprend vite l'intéret du 4x4 en ville quand on voit ou ils se garent...
Nous avons croisé Masha qui faisait escale a Moscow exactement lors de notre passage. C'est cool de voir une connaisance si loin de chez soi. Elle nous a confirmé que les Moscovites vivaient dans un monde a part ou la grosse voiture a 1 million ½ de roubles est nécessaire (300 k€). Nous avons découvert avec elle les joies de la poste russe. Apres 10 minutes d'attente devant un guichet ou nous étions premiers dans la file, nous avons demandé gentiment combien de temps nous devions encore attendre. La femme nous a retorqué qu'elle n'etait pas en train de ne rien faire ! C'est sur ! ...mais vous le faites tres lentement dites-donc !
Moscou - St-Pétersbourg
St-Pétersbourg
St-Pétersbourg est une ville tres harmonieuse, tous les batiments du centre sont dans un style néo-classique et rien ne vient troubler ce parfait équilibre. C'est tres agréable de se promener a pied ou en vélo dans la ville, le long du fleuve la Neva, le long des canaux, a travers les parcs et de découvrir les batiments au hasard des rues. Nous avons rencontré Katerine et Dmitry, deux cyclos qui sont venus cet été en France et qui parlent bien français. Ils nous ont laissé leur appart en toute confiance et nous ont indiqué les coins sympa de la ville. Sur la place centrale devant l'Ermitage nous avons essayé un rickshaw et Vova, son pilote, nous a fait faire un tour gratuit, sous la pluie !
St-Pétersburg - Suomi (Finlande)
Le train était a 5h53. C'est tôt. C'etait tellement tôt qu'on l'a loupé... pas de beaucoup, de 2 minutes. C'est quoi 2 minutes dans une vie ? Le hic, c'est que notre visa expirait ce jour la et nous devions donc passer la frontiere. Pas de plaisanterie avec les militaires russes. L'autre hic : c'etait le seul train du jour qui acceptait les vélos... La galere. Au guichet, on a reussi grace a Dmitry a se faire rembourser une partie du billet. Le code informatique devait dater d'avant spoutnik car ca a pris une bonne demie-heure. Nous avons ensuite changé de gare pour prendre notre roue de secours. Un petit train régionnal qui nous a amené a Vyborg. De la, nous avons pédalé jusqu'a la frontiere finlandaise. Une fois traversé le No man's land et les postes de douane, nous voila tiré d'affaire. Pas si mécontents d'avoir passé la frontiere de notre retour en Europe a bicyclette. A bicycleeettteeeuuuu... Il fait beau, la route est jolie a travers les sapins... pardon les épicéas.
lundi 5 septembre 2011
Iran
Deux jours en Iran suffisent pour anéantir vos préjugés. Les gens vous accueillent, sont prêts à prendre de leur temps pour vous aider, mais ils ne s'imposent pas. Ils sont contents de rencontrer des étrangers. Internet, la télévision et les touristes sont autant de fenêtres sur le monde. Beaucoup de sites internet sont bloqués mais les iraniens sont de bons hackers. Les filtres sautent facilement. Facebook n'est pas accessible et pourtant tout le monde a un compte... La télé par satellite est interdite mais tout le monde a une parabole sur le balcon. BBC émet une chaine en perse et beaucoup de chaines d’opposition émettent via des satellites coréens.
Dans la chaleur étouffante de Téhéran, les jeunes organisent des batailles d’eau mais ça aussi c’est interdit. Des jeunes qui jouant au pistolet à eau pour se rafraîchir ont été arrêtés et le mouvement durement réprimé (Voir l’article sur Courrier international). Merci à JB et Laurence pour le lien. Tous en vous rencontrant veulent vous montrer le vrai Iran. Pas celui des médias d'Europe ni même celui du Gouvernement d’ici. Un Iran cultivé, éduqué et ouvert sur le monde. Un pays qui a le cœur sur la main et l’hospitalité comme règle de conduite.
Nous ne ressentons absolument aucune insécurité même si nous sommes souvent “pris en otage” : baladés et guidés partout, tout le monde est au petit soin. C’est agréable après les lancés de cailloux chez le voisin turc. A ce propos, nous sommes arrivés en train de Van jusqu’à Tabriz et le départ, initialement prévu à 21h mais repoussé à 5h du mat, a finalement eu lieu à 8h ! Toutes les vitres de notre wagon portaient des traces d’impacts de pierres et nous avons rapidement compris pourquoi. Le train s’est ébranlé vers l’Iran et a essuyé des jets de pierres impressionnants. La plupart des lanceurs sont des adolescents, certains sont bergers. Nous avons imaginés qu’ils n’aimaient pas voir passer un train iranien et le temps de ramasser une pierre, ils sont en face du dernier wagon ou nous sommes installés avec le tandem... Une fois passé la frontière, plus rien.
Nous ne ressentons absolument aucune insécurité même si nous sommes souvent “pris en otage” : baladés et guidés partout, tout le monde est au petit soin. C’est agréable après les lancés de cailloux chez le voisin turc. A ce propos, nous sommes arrivés en train de Van jusqu’à Tabriz et le départ, initialement prévu à 21h mais repoussé à 5h du mat, a finalement eu lieu à 8h ! Toutes les vitres de notre wagon portaient des traces d’impacts de pierres et nous avons rapidement compris pourquoi. Le train s’est ébranlé vers l’Iran et a essuyé des jets de pierres impressionnants. La plupart des lanceurs sont des adolescents, certains sont bergers. Nous avons imaginés qu’ils n’aimaient pas voir passer un train iranien et le temps de ramasser une pierre, ils sont en face du dernier wagon ou nous sommes installés avec le tandem... Une fois passé la frontière, plus rien.
Nous avons aussi découvert le Ta’arof. Bien que préparés à cette coutume, c’est assez déroutant. Le réceptionniste du premier hôtel à Tabriz nous annonce que la nuit est offerte. Nous nous regardons, un peu interloqués, prêts à remballer nos liasses de millionnaire mais soudain nous nous souvenons, nous le remercions et lui tendons les billets. Tout commerçant pratique le ta’arof, c’est une marque de respect envers son client. Cependant, ce serait bien malvenu de partir sans payer... Parfois, on aimerait bien tellement on ne comprend rien ! 1€ = 15 000 Rials = 1 500 Tomans. Le Rials est la monnaie utilisée sur les billets mais sur les étiquettes et oralement, tout le monde utilise le Toman. Ce qui fait des nœuds au cerveau les premiers jours et des réactions du genre : “Hein, tout ça ?! mais c’est super cher !... Euh, non... si peu ?!...” Finalement, 10 000 Tomans = 10$ et nous prenons nos repères.
L’image traditionnelle de l’Iran que nous pouvions avoir est celle d’une femme en tchador noir de dos marchant sous un soleil de plomb au milieu de maisons de terre. Cette vision est comparable à celle d’une femme dans une robe à fleurs bleues et blanches, d’un gilet de laine bleu marine et d’un protège mise-en-plis en plastique transparent. A la campagne, les traditions sont encore bien ancrées mais peu en ville. Au plus strict, le tchador est noir et seul le visage est visible. Il y a des variantes : satin ou brodé, avec motifs et parfois en couleurs. Tchador signifie tente et c’est un symbole religieux pour les gens pieux.
Le foulard reste obligatoire et est très commun en ville. La couleur et la forme sont libre dans la limite du politiquement correct. Les femmes attachent leurs cheveux en chignons et en quadruple le volume avec des pinces sur lesquelles sont collées d’énormes fleurs en tissus. On ne voit plus que ça ! Les mèches de cheveux volent au vent, les sourcils sont très épilés et le maquillage de poupée est extrêmement à la mode. Les femmes ne peuvent montrer que leur visage alors elles rivalisent d’ingéniosité pour le mettre en valeur. Même sous 40 degrés, elles portent des “manteaux”, tuniques longues, pour cacher leurs formes. Si la tunique est trop courte, la police se charge de vous rappeler à l’ordre.
Pour la génération de nos parents, peu de femmes travaillent en Iran. C’est en train de changer et aujourd’hui, les femmes de notre âge font des études supérieures et travaillent. Qu’elles travaillent ou pas, à la maison, les tâches ménagères sont exclusivement féminines. D’après leurs maris, la cuisine est leur espace de liberté… Dans le bus, hommes et femmes sont séparés. Les femmes montent par les portes arrière. Une barrière sépare les genres. Dans le métro, les wagons de tête et de queue sont réservés aux femmes. Les hommes depuis la barrière mâtent en leur direction. En Iran, il n’y a pas d’école mixte, pas de piscine mixte, pas de file d’attente mixte. A la plage, de grands rideaux permettent aux femmes de se baigner en maillot à l’abri des regards masculins. Seules les universités sont encore mixtes mais plus pour longtemps. Nous vivons ça comme l'apartheid.
Une liberté bien réduite dans l'espace public sauf lorsqu'on est au volant de sa voiture... Sur les routes, c’est le désordre, voire le chaos qui règne. Le premier jour, il est presque impossible de traverser une rue de Téhéran. Il faut sentir le bon moment, se lancer puis slalomer entre les voitures. Les passages piétons sont presque inexistants et quand il y en a piétons et voitures ne respectent pas les feux rouges ! Sur la route, il est régulièrement rappelé aux automobilistes : “Keep right”… Ce qui ne les empêche pas de couper le trafic de la direction opposé des 4 voies en risquant de se faire emboutir par un gros camion 2426. C’est un vieux poids lourd Mercedes Bens qui ressemble au 911 d’Oliver et Marie en encore plus gros, il y a en pleins ici ! Quelques fonctionnaires tentent de faire appliquer le code de la route... en vain. Motards sans casque, véhicules sans éclairage, clignotants en option, priorité au plus fort aux intersections, feux rouges cramés, changements de file intempestif, motards à contre-sens et sur les trottoirs, et le piéton tente de survivre.
En vélo, c’est assez déroutant car les voitures stationnées en double file s’engagent sur la route, puis dans un second temps (éventuel) le conducteur regarde par la fenêtre... La notion d’angle mort semble inexistante. Nous jouons du klaxon, nous nous imposons et ça passe ! Pas d’incident à déclarer. Enfin, nous décernons à l’Iran le titre de champion du monde de la marche arrière sur bande d’arrêt d’urgence des 4 voies. L’Albanie n’a pas pu conserver son titre devant une telle maitrise... Mais que fait la police !
La mer est belle, turquoise, un vert mêlé de bleu et presque propre. Deux militaires en treillis, matraque à la ceinture, sillonnent la plage de long en large en regardant vaguement la mer et joue du sifflet intempestivement. Les femmes se baignent toutes habillées et les hommes sont en marcel au plus découvert. Tiens, il y a un gars qui matte la plage avec des lunettes teintées… Ah il a disparu, ce devait être un espion ! Et ici, des couteaux de cuisine de 40cm à vendre… Hum, non merci.
Les militaires font de nouveau joujou avec leur sifflet d’arbitre. Un 4x4 surgit sur la plage et beugle au haut-parleur de sortir de l’eau. Que ce soit clair :
Y a pas le droit de faire de photo des militaires occupés à ne rien surveiller et faire les kékés
Y a pas le droit de fumer sur la plage
Y a pas le droit de jouer dans les vagues
Y a pas le droit de manger, de boire, ni de s’amuser
C’est Ramadan...
Quelques petits détails qui nous ont marqués :
L’alcool est interdit et pourtant on nous a offert à boire du Whisky, du Martini et du vin artisanal. Mais comment est-ce possible demandons-nous naïfs ? Nous n’avons pas très bien compris d’où ça venait mais apparemment il suffit d’appeler quelqu’un que tu retrouves quelque part et tu peux avoir tout ce que tu veux.
En Iran, le copyright n’existe pas. On peut traduire un bouquin en perse et le publier sur Internet très facilement.
Tout le reste est comme sur les photos : magnifique. C'est une sacrée découverte et nous en avons pris plein les mirettes... Merci a tous ceux qui nous ont aidés pendant ces 5 semaines.
mercredi 31 août 2011
Changement de cap
Depuis la Turquie, nous avons beaucoup réfléchi à la suite du voyage car nous avons perdu la motivation pour ce long et ambitieux projet. Nous sentons surtout que nous avons perdu foi en les autres, ce qui est indispensable pour poursuivre sereinement une telle aventure, comme l’écrit si bien la famille Hervé, partie 14 ans en vélo. Nous préférons raccourcir la route et revenir tranquillement en France. Nous partons ce soir pour Moscou. Puis nous rejoindrons la frontière finlandaise en train et nous rentrerons en tandem par le Nord de l’Europe.
Vous pouvez voir ici le trajet prévu et vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre sur la route. Pour connaitre les dates, cliquez sur les pays dans le bandeau de gauche.
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